Quand la réalité dépasse la fiction...
Ce mois de mars dernier, le président Bush a demandé une hausse de 10 % des fonds dédiés à la sécurité des réseaux informatiques pour l'année fiscale à venir, soit environ 7,3 milliards de dollars.Cela représente une progression de 73 % par rapport au budget de 2004. Selon le département de la sécurité intérieure, le nombre d'attaques contre les réseaux gouvernementaux a progressé de 152 % en 2007 pour atteindre 13 000.
Cette annonce du président américain intervient alors que le Department of Homeland Security, l'équivalent de notre Ministère de l'Intérieur, a procédé à l'opération Cyber Storm II. Il s'agit là d un exercice impliquant plusieurs pays (Grande Bretagne, Nouvelle Zélande, Australie) et de nombreuses entreprises privées visant à mesurer les capacités de réponses en cas de cyber-guerre.
La dernière manifestation de cette préoccupation remonte à la fin avril 2007. L'Estonie, qui avait décidé de déboulonner un monument à la mémoire des soldats de l'Armée rouge, avait subi ce que les experts appellent un vaste "déni de service distribué" (ou DDoS en anglais). Les sites Web de plusieurs banques ou de sites gouvernementaux estoniens avaient ainsi subi un bombardement de demandes bizarres qui les avait paralysés. L'OTAN s'en était mêlée, s'estimant "préoccupée". Pour l'Estonie, Moscou était à l'origine de cette cyber-guerre. Celle-ci aurait pu dégénérer sur le plan diplomatique et devenir ainsi réellement préoccupante. Internet, l'arme des conflits de demain?